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celestron.gifNandrin|T400 - Un projet "astronomique"
Le télescope de 400 mm de Nandrin

Le T400 est le résultat d'une suite d'événements et de collaborations très nombreuses, étalés sur une bonne vingtaine d'années...  Lorsque, en 1971, un ami me remet trois numéros de "Sky and Telescopes", avec une note indiquant que j'y trouverais des informations à propos de la construction de télescopes amateurs, l'idée n'est absolument pas dans les premières priorités du moment : famille et début de carrière occupent tout l'espace-temps...  Mais elle fermente gentiment et finalement provoque l'acquisition, en 1973, d'un disque de verre (pas en Pyrex malheureusement, trop cher pour mes moyens de l'époque), de 410 mm de diamètre, chez Para-Mantois, près de Paris.  Deux ans sont déjà passés depuis la première discussion : il en faudra finalement près de dix fois autant avant de regarder quelque chose avec le télescope !
 

Le disque brut est d'abord confié à mon oncle, François Dossin, actif à l'époque à l'Institut d'Astrophysique de Liège.  Il s'arrange pour le faire creuser de 4,25 mm au centre, afin d' obtenir une sphère au rapport final F/D = 6.  Reste à le polir, ce qui n'ira pas sans mal : le travail est assez dur au vu de la surface et les premières mesures au début du polissage au blanc (oxyde de zirconium) montrent une forme hyperbolique, qui ne sera que très difficilement corrigée par des heures de "séchées" avec des courses très petites.  Pour le contrôle, le livre de Jean Texereau, acquis - curieusement - auprès d'un joueur de banjo, ainsi que les conseils avisés de François, fournit les directives de construction de l'appareil de Foucault.  Il sert toujours : le plus difficile reste d'obtenir une fente optique de 40 microns, bien parallèle et bien nette, construite avec deux bouts de laiton plat...  



Comme on veut un paraboloïde, il faut en quelque sorte déformer la sphère pour introduire l'inverse de l'aberration de sphéricité vue au centre de courbure.  Il faut définir et réaliser un écran "de Couderc", à échancrures.  Cet écran définit des zones (6 dans le cas de ce miroir), assez étroites pour correspondre à six sphères successives, tangentes au paraboloïde à obtenir.  "Il suffit" ensuite de mesurer précisément les distances relatives des foyers successifs de ces sphères pour déterminer, avec une grande précision, la parabole recherchée.  En fonction de ces mesures, le polissage est repris de différentes manières pour obtenir la correction souhaitée (outre le livre de Texereau, difficile à trouver aujourd'hui, Jean-Marc Lecleire a lui aussi produit une méthode, que les curieux voudront bien consulter pour les détails techniques).

Le miroir enfin terminé - il a fallu plusieurs années  - est resté longtemps dans sa boîte, sous un meuble de salon, au grand dam d'une membre éminente de la famille...  Entretemps, j'ai obtenu le tube (300 kg de bon acier) et le berceau (180 kg de plus), le premier de Tube Meuse et le second fabriqué par un ami constructeur de charpentes de hangars.  On se rendra compte par la suite que ce berceau est encore trop souple et il sera doublé (on distingue la soudure sur la photo ci-dessus).
Le site initialement pressenti chez un cousin n'étant finalement pas disponible, je me suis adressé, toujours via François Dossin, à la S.A.L., qui après discussions, a accepté ce "cadeau"...

À cette époque, le terrain de Nandrin accueillait déjà le T255 et son abri.  Le permis de construire pour une nouvelle coupole obtenu, une équipe formidable se met en ordre de marche et une souscription, lancée parmi les membres, permet de financer une partie importante des travaux.  Marcello Cola entre en piste avec toute son immense compétence, et réalise quasiment à lui tout seul l'ensemble de la monture du télescope et le mécanisme d'entraînement.   Il fabrique aussi le barillet du primaire et de plus, fournit un plan diagonal et ses fixations.  Il utilise aussi les facilités dont il dispose chez Amos pour aluminer le miroir.

Les huit éléments de la coupole elle-même, fabriqués selon les techniques de construction des bateaux en polyester,  arrivent et sont assemblés sur le chemin de roulement du bâtiment en 1990.  

Restent alors une ensemble de finitions à réaliser, qui seront progressives entre 1995 et 2003.  Macello considère à ce moment que son rôle se termine.  Les premières observations sont faites dans des conditions assez difficiles : sans coordonnées et avec un chercheur pas trop bien adapté, il faut en moyenne 20 minutes pour caler le télescope sur un objet de magnitude 8 ou 9... les visiteurs, au départ curieux de "voir", se lassent quelque peu...

À partir de septembre 2003 et aidé d'Olivier Schreurs, - qui fourmille d'idées - ainsi que de bon nombre d'autres volontaires, nous commençons à utiliser l'instrument, mais surtout à le régler, l'équilibrer et à l'équiper entre autres de deux chercheurs de 80 mm de diamètre et 400 mm de focale, disposés symétriquement sur le tube.  Les capteurs d'angle disposés sur les axes ne donnant pas d'indications fiables, leurs liaisons avec la monture sont finalement remplacées et l'AstroMaster donne enfin le moyen de trouver aisément les objets du ciel profond, telles les galaxies et amas globulaires, par la méthode "Push To" !

Depuis 2005, le carnet de coupole a enregistré un nombre important de visites, limitées surtout par les intempéries de notre climat "tempéré humide", comme je l'ai appris jadis à l'école.  De plus, la pollution lumineuse du site a fortement augmenté lors du placement de lampes à vapeur de sodium le long de la rue des Peupliers, ce qui rend la prise de vue très difficile, le télescope captant fort bien la lumière parasite...  Dans quelques années, les thuyas plantés en 2008 auront poussé et masqueront une partie de ces lampes, patience dans l'azur...  Pour les photos, IRIS et d'autres programmes permettent de traiter les images pour soustraire le fond rouge, mais évidemment ce n'est plus aussi bon qu'avant l'installation de ces lampes.  Nous ne désespérons pas d'obtenir que la commune de Nandrin fasse un petit effort et fournisse des abat-jours ou des lampes mieux adaptées.  

Par contre, pour l'observation visuelle, l'instrument est tout à fait opérationnel, même si le foyer Newton est un peu acrobatique dans certaines positions du tube.  Il nécessite bien sûr un peu d'habitude pour être utilisé correctement et sans risques.  Olivier et moi sommes tout disposés à en expliquer le maniement à ceux des observateurs déjà expérimentés qui souhaiteraient en profiter.  Je ne peux que les y encourager.

Pierre Bertrand
Septembre 2010

Date de création : 31/07/2010 - 18:39
Dernière modification : 02/02/2011 - 22:41
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